jeudi 4 juin 2020

silence







Pluie de plumes
la voix écoute
corps en poème
rime solitaire

Silence
de soie



***



Pluie de lumière
Frémissement des couleurs
Silence en soi


J...



***


"pluie de plumes"
l'une tombe solitaire
caresse de joie





*** 



Frémissement du silence
solitaire la couleur
est une joie


Maria-D



***






mercredi 3 juin 2020

Réversibilité







Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse, 
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis, 
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits 
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ? 
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine, 
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel, 
Quand la Vengeance bat son infernal rappel, 
Et de nos facultés se fait le capitaine ? 
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ? 

Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres, 
Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard, 
Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard, 
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ? 
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ? 

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides, 
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment 
De lire la secrète horreur du dévouement 
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ? 
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ? 

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières, 
David mourant aurait demandé la santé 
Aux émanations de ton corps enchanté ; 
Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières, 
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !


Charles Baudelaire / les Fleurs du mal


mardi 2 juin 2020

naître et mourir







Naitre  mourir
chaque seconde
étourdissement
et renaissance

perdre le fil
du temps passé
et l’encre vive
les doigts tâchés
des cours d’école

le bois brûlé
de feu le père
sous la cendre
la mère s’éteint

et pour finir
la première page
soleil roux
fleur de l’âge 




lundi 1 juin 2020

caviardage 5







Écoutez la chanson bien douce 
Qui ne pleure que pour vous plaire. 
Elle est discrète, elle est légère : 
Un frisson d'eau sur de la mousse ! 

La voix vous fut connue (et chère ?) 
Mais à présent elle est voilée 
Comme une veuve désolée, 
Pourtant comme elle encore fière, 

Et dans les longs plis de son voile 
Qui palpite aux brises d'automne, 
Cache et montre au cœur qui s'étonne 
La vérité comme une étoile

Elle dit, la voix reconnue, 
Que la bonté c'est notre vie, 
Que de la haine et de l'envie 
Rien ne reste, la mort venue

Elle parle aussi de la gloire 
D’être simple sans plus attendre, 
Et de noces d’or et du tendre 
Bonheur d’une paix sans victoire

Accueillez la voix qui persiste 
Dans son naïf épithalame 
Allez, rien n'est meilleur à l'âme 
Que de faire une âme moins triste ! 

Elle est en peine et de passage 
L'âme qui souffre sans colère, 
Et comme sa morale est claire !... 
Écoutez la chanson bien sage


Paul Verlaine  / Sagesse



***







La chanson
sur la mousse
palpite
s’étonne

étoile venue
sans victoire

âme
de passage
chanson sage 


maria-d



***







Chanson de passage
cœur qui s'étonne
bonheur à peine sage
un frisson d'automne





***






sage

pas sage

 a posé
son voile orné
mousseline

L'âme nue chine

ronde
lacis

chant suave passant

i.e. Verlan...


Bernard









***







un frisson palpite
au cœur qui s'étonne
la voix de l'envie
du bonheur d'une paix
l'âme est moins triste


Laura-Solange



***






Écoutez
le cœur parle
de paix
à l’âme
bien sage


Maria-D



***







Écoutez la chanson bien douce 
Qui ne pleure que pour vous plaire. 
Elle est discrète, elle est légère : 
Un frisson d'eau sur de la mousse ! 

La voix vous fut connue (et chère ?) 
Mais à présent elle est voilée 
Comme une veuve désolée, 
Pourtant comme elle encore fière, 

Et dans les longs plis de son voile 
Qui palpite aux brises d'automne, 
Cache et montre au cœur qui s'étonne 
La vérité comme une étoile. 

Elle dit, la voix reconnue, 
Que la bonté c'est notre vie, 
Que de la haine et de l'envie 
Rien ne reste, la mort venue. 

 Elle parle aussi de la gloire 
D’être simple sans plus attendre, 
Et de noces d’or et du tendre 
Bonheur d’une paix sans victoire. 

Accueillez la voix qui persiste 
Dans son naïf épithalame 
Allez, rien n'est meilleur à l'âme 
Que de faire une âme moins triste ! 

Elle est en peine et de passage 
L'âme qui souffre sans colère, 
Et comme sa morale est claire !... 
Écoutez la chanson bien sage.


Paul Verlaine / Sagesse












à vous de jouer !!!

dimanche 31 mai 2020

résonance (23) "le temps d'un soupir dernier"



aquarelle : JJDorio / le temps d'un soupir dernier




LE TEMPS D’UN SOUPIR DERNIER
aquarelle 23/23
toutes réalisées « le temps d’un soupir »
fin de série




LE TEMPS D’UN SOUPIR DERNIER

La dernière grande inspiration
à l’article de la mort
Les épithètes de l’épitaphe
Les couleurs du couchant dernier
Et les vivants pour les porter
Ailleurs
le temps d’un soupir premier


09 09 2018



 ***



LE TEMPS D’UN
SOUPIR DERNIER

Dernier soupir
le rouge est sang
sur l’île d’Ouessan
côtes sauvages
couleur lilas
clameur des vagues
en mer d’Iroise
le temps soupire
assauts du vent


Maria-D
 09 09 2018



***



LE TEMPS D'UN SOUPIR DERNIER 

Sur l'eau sur l'océan 
bercer d'un dernier rêve 
l'enfant embrassant 
l'infini dans ses bras 
trop petits–dans ses yeux 
trop silencieux 

entendre les mouettes 
la marée dans un soupir 
se poser sur la grève 

revenir avec la mer 
de l'eau jusqu'aux genoux 
dans un bruit doux croire 
qu'on la ramène avec nous 
l'enfant croit tout 
sauf la mort 
jusqu'au dernier jour 
et la mer descend 


31 mai 2020






***




Pieter Bruegel / The Elder - The Corn Harvest (August)



[............] 

"Pain tres-doux (dit-il) guery le palais de mon cœur, à fin que ie fente la foüefueté de ton amour : guery-le de toute langueur, à ce que ie n'ayme autre beauté, que toy."



Bernard
31 mai 2020



merci à Bernard





"La musique est ce qui nous permet de nous entretenir avec l'au-delà."

R. Schumann






vous qui passez par ici 
observez l'aquarelle et si le cœur vous le dit 
à vos plumes pour un poème qui s’intitulerait 
"LE TEMPS D'UN DERNIER SOUPIR" 
---
Ici se termine ce partage insufflé par 
les aquarelles de Jean-Jacques Dorio

samedi 30 mai 2020

résonance (22) "éloge de la confusion"



aquarelle : JJDorio / éloge de la confusion




ÉLOGE DE LA CONFUSION 


Cherchez l’anamorphose le crâne allongé des Ambassadeurs de l’Apocalypse et vous verrez la bombe H d’hydrogène et d’Hélios. 

Cherchez les pièces de monnaie qu’on glisse dans la bouche des morts et vous verrez pleuvoir les papillons amarante striés de violet de la forêt des Amazones. 

Au partage des eaux les aquarelles chantent le dialogue de Chaos et de Hasard : l’éloge de la Confusion. 


08 09 2018



***


ÉLOGE DE LA CONFUSION


                       Tambours et trompettes et têtes enrubannées des jours de grande fête

                       le cataclysme nait des pensées les plus sombres et étrangères au monde 

                       on voit d’abord les flammes et le jour incertain gorgé de mille feux

                       divine imperfection présente et défectueuse chaleur de l’oubli 

                       une confusion parfaite


Maria-D
09 09 2018



***



                                                                               ÉLOGE 
                                                                               Fatras à la Prévert 
                                                                               Dans ce méli-mélo 
                                                                               De taches 
                                                                               Où l’on se cache 
                                                                               De traces 
                                                                               Où l’on s’égare 
                                                                               Échappée belle 
                                                                               De la pensée 
                                                                               L’artiste s’amuse 
                                                                               L’œil harmonise 
                                                                               Peu importe la tache 
                                                                               Peu importe la trace 
                                                                               Cette 
                                                                               CONFUSION 
                                                                               Secret gardé 
                                                                               Dans la pensée 
             

J...
♥♥♥



***



"éloge de la confusion"

chaos et hasard
trottent si souvent
ensemble sur terre
chez les humains

il doit bien
y avoir un ordre
quelque part
disent-ils...

où se cache-t-il ?

dans une mathématique bleue

une étoile lointaine
une explosion
bing bang

Sortilèges
de la vision
qui va plus loin
que nous

confusion de Confucius
qui se prosterne 
en souriant

"Je ne cherche pas à connaître les réponses, 
je cherche à comprendre les questions"

dit-il...


30 mai 2020



***



pour Estourelle
-
le gars de St Etienne





***



Éloge de la confusion 
        (en octosyllabes)

point d’effusion dans les cœurs purs 
des créatures aux yeux scellés 
des eaux toujours recommencées 

la confusion des confluences 
est une aubaine des dieux 
nulle langue est à vide 

une parcelle du Verbe 
La Parole en archipel*



* René Char
Maria-D
30 mai 2020






vous qui passez par ici 
observez l'aquarelle et si le cœur vous le dit 
à vos plumes pour un poème qui s’intitulerait 
"ÉLOGE DE LA CONFUSION"

vendredi 29 mai 2020

en résonance (21) "sur le motif en mouvement la tête pleine d'esquisses"



aquarelle : JJDorio / sur le motif en mouvement la tête pleine d'esquisses




SUR LE MOTIF EN MOUVEMENT
LA TÊTE PLEINE D’ESQUISSES 


À demi sommeillant
La tête pleine de chiens de mer
et d’onomatopées à dada à dodo
Le peintre du dimanche
Prend une couleur pour une autre
Le jet d’eau de Genève
Pour la lumière cendrée de la mer des Larmes
Et l’indigo du spectre pour le frai des baleines blanches
Ce que l’Esprit voudrait saisir
Avant que Saturne ne dévore ses enfants


07 09 2018



***


 

SUR LE MOTIF EN MOUVEMENT
LA TÊTE PLEINE D’ESQUISSES


Le jour se lève à l’aube
rose est sa robe
cheveux au vent
l’horizon boit l’encre
ses joues gonflées d’eau
restes de la nuit
motifs en mouvement
lumières invisibles
et fuyantes à l’aurore
arc-en-ciel sur le sable
les âmes en transfert
avant la fin du monde
le tête pleine
d’esquisses


Maria-D
09 09 2018



***



SUR LE MOTIF
EN MOUVEMENT
LA TÊTE PLEINE
D’ESQUISSES

Un oiseau de feu
Règne sur l’océan
Dans l’eau turquoise
S’ébroue une sirène
Aux lèvres framboise


J...
29 mai 2020




pour J...♥♥♥





***


juste avant la fin 
ajuster ses pensées 
elles sont parties 
dans tous les sens 

c'est insensé 
le mouvement 
leur donne VIE 

ma grande amie 
l'océan 
ne me prend plus 
dans ses bras 
de vagues salées 

des pleurs parsèment 
la terre des hommes 
dans la nuit le cœur 
chante encore

 "De quel bleu de quel vert 
tu repeins tes yeux 
couleur de la mer 
et de quel arc en ciel 
ta bouche se fend 
sur l'eau d'un soleil"*

"Qui donc réparera l'âme des amants tristes ?"**

* Mannick
** Ferré
20 mai 2020



 


"Qui donc réparera l'âme des amants tristes ?"



***






 Avec Mannick
"je vous parle d'un temps 
que les moins de 20 ans 
ne peuvent pas connaitre"



***



d'une cataracte de nuit
naissent les satins d'aube
esquissant la robe du jour
un peu tremblante
un peu gauche
dans le tournis de l'air

dans la tête des rêves
d'évasion dérivent


29 mai 2020



***


pour VOUS





"À l'aube 

Nous étions frères un jour et les choses ont changé, c’est vrai. Il est parti. Dix-huit mois à l’autre bout de la terre, éprouver son corps et sa tête dans les champs de bananes d’Océanie où l’on se lève à l’aube ; éprouver le reste sur les plages asiatiques, où l’on goûte au bonheur de synthèse et aux espaces infinis que les eaux couvent la nuit. Où l’on se lève à l’aube. 

Et si nous avons pleuré ensemble ce jour de septembre où nous nous sommes quittés c’est qu’on savait que l’infinie tendresse, la mémoire et le téléphone mobile sont peu de choses contre la distance — que tout allait changer. Il est parti. C’est qu’il se lève à l’aube. 

Faut bien s’arracher. D’abord il y a l’âge libre avant la vie domestique qu’on attend tous comme une sentence absurde et nécessaire. Et puis ces chimères à fuir, qu’on croit laisser aux portes des avions long-courriers. Enfin, la peur de s’engraisser ici, que le confort nous abêtisse. Il est parti. C’est qu’il se lève à l’aube. 

Dans nos longues nuits blanches, qui s’en allaient mourir dans le cendrier, on a beaucoup rêvé et attendu que les choses adviennent, comme par enchantement. Des lendemains de ces soirs grisés il me souvient surtout l’odeur amère du tabac froid, la torpeur qu’engendrait le shit qu’on fume, l’impuissance et l’orgueil. Il faut choisir, la vie est ailleurs ! Voilà ce qu’on se disait. Il est parti. C’est qu’il se lève à l’aube. 

Avant son départ il était déjà moins bavard que lorsque je l’ai connu, huit ans plus tôt. C’est qu’il n’y a pas d’âge pour avoir de vieux démons. Les siens lui parlaient, je crois, de filiation et d’arbre généalogique. A celui-là aussi on coupe les branches qui font ombrage et les feuilles y meurent à l’automne. Alors j’ai compris ses silences et je les partageais. Je me suis aussi dit que j’étais sans doute moi-même moins fougueux, moins dispendieux qu’en notre prime adolescence. Lors on découvrait, comme tout le monde, le péril de toute véritable entreprise de séduction et la saveur des lèvres maladroites et conquises. On apprenait aussi par cœur les mystères âpres et charnus du con féminin qu’on touche d’abord avec les doigts. Et surtout — surtout ! — l’insolent et naïf sentiment de liberté, les poumons amples, quand on prend la route du voyage pour la première fois ! Il est parti. 
C’est qu’il se lève à l’aube."

Paroles et Musique  : Feu ! Chatterton  



***



IMPRO DU SOIR 

À l’heure où l’oiseau de Minerve pend son vol La solitude la vraie peuplée de lectures folles et de musiques Après le concert pour violon de Beethoven où la concertiste se prend bien trop au sérieux Du jazz aimé en concert où les notes et les oreilles se libèrent des semelles de plomb Car maintenant et ici dans notre grande maison où notre est devenu ma par arrêt du corps de mon autre - l’unique amour vécue d’une vie - Ici et maintenant on peut voir le pianiste – Léo Genovese barbe de rabbin cheveux frisés et mains qui se croisent – la contrebassiste Esperanza Spalding qui joue un peu la ravie – Esperanza Esperanza yo no puedo bailar tchatchatcha – Jack DeJohnette que tous les fervents de Keith Jarret connaissent – et Joe Lovano soufflant son sax comme la blanche baleine Quatre noms magiques si l’on veut bien les décliner IMPRO DU SOIR aux couleurs des confins d’un monde inédit où se conjuguent les pratiques millénaires des lecteurs avec le cercle ouvert des nouvelles technologies – l’écran plat du salon qui diffuse les images et les sons à ma demande me refusant à tous les directs, l’écran de cet écrit où je joue mon texte "bricollé" comme une partition…et la dorade du jour que le four a grillé et qui passe peu à peu de mes doigts à ma bouche en alternance avec mes touches On dirait On en dirait tant On dirait le temps en suspens Ô lac On dirait Ulysse rentrant à Ithaque et ne sachant pas que Pénélope est morte On dirait Orphée qui ne s’est jamais retourné mais qui n’en a pas moins perdu son Eurydice On dirait Heureux mortels Accrochez-vous au poitrail à la gorge pourpre et aux ailes d’or de l’oiseau Phénix Mourant et renaissant Accrochez-vous aux livres des disparu(e)s qui sont dans toutes les bibliothèques mais qui attendent d’être réveillés par le peuple des interprètes Des musiciens d’un soir et des aèdes qui chantent les mots cousus ensemble...les yeux fermés 


 29 mai 2020




merci Dorio pour cette magnifique conclusion




***



              là, je ne résiste pas
              car j'adoooore ... et
              c'est toute mon enfance... et oui ... comment résister à çà ?

                        

cha cha cha






vous qui passez par ici 
observez l'aquarelle et si le cœur vous le dit 
à vos plumes pour un poème qui s’intitulerait 
"SUR LE MOTIF EN MOUVEMENT 
LA TÊTE PLEINE D’ESQUISSES"