samedi 25 janvier 2020

j'ai rêvé ...







                     Cette nuit 
                     j’ai rêvé la mer 

                     la mer venait me lécher les mains 
                                   à l’abri d’une crique 

                     plus jamais ma mère

                     était-ce bien vrai
                     de l’avoir conviée
                     en cette nuit glacée

                     ma mère immortelle 
                     où baignait mon corps 

                     la mer éternelle 
                     d'où émerge le chant 
                     le chant des sirènes 

                     plus jamais ma mère

                     de l’avoir rêvée
                     je ne sais plus si 
                     si c’était un rêve 

                     plus jamais la mer

                     que ce clapotis
                     d'une eau amniotique


                     cette nuit
                     j’ai rêvé ma mère









(texte écrit en 1993 et revisité en 2020 parce que revisitée )

vendredi 24 janvier 2020

" pas un n'avait dit au vieux funambule ...


... qu'il était aussi parfois somnambule






ça n'aurait servi strictement à rien "




jeudi 23 janvier 2020

sur le fil








Sur un fil d'argent il avance et recule, funambule somnambule. Il avance sous un rayon de lune vers un miroir sans tain sur lequel il pose son souffle. Buée de l’âme où il trace le signe. Le signe de l’illusion, et du temps suspendu, ciel d’or et d’argent. Sphère céleste, écliptique, constellations.






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(cliquez au centre de l'image pour lire en plein écran)


mardi 21 janvier 2020

équilibre







                       En équilibre… 
                       sur un fil à plomb 
                       il essuie les nombres 
                       et suspend la lune 
                       clé de sol brune 
                       sur la portée des ombres 

                       En équilibre… 
                       sur un fil de brume 
                       elle déploie tranquille 
                       la carte du tendre 
                       sur un sol de cendres
                       et décroche la lune










lundi 20 janvier 2020

dimanche 19 janvier 2020

masque







Ses dents de nacre claquent dans la nuit de sa bouche. Maman a cent ans. Le miroir des alcôves reflète le sang des sacrifices, qu'il lèche de sa langue rugueuse, écorce de fauve. Il attend la pluie. Il attend que le ciel déverse ses eaux sur la plaine pour ôter son masque. 

Sur le bord du temps, il creuse de ses mains nues. Il creuse et trouve une goutte d'or tout au fond de sa gorge. 

Combien faudra-t-il d'orages ? Combien faudra-t-il de temps pour laver le visage de la terre ? 

Dans le serment, le simple et le fragile, l’oiseau et l’image dans le miroir du temps. Un souffle, une morsure. Sur la chair du monde une tache incarnate, une trace vermeille qui remonte le temps. 

Une langue de rouille sur un brin de salive se défroisse et salive, se retourne et s’étire, et se déploie dans l’air comme les ailes du désir

Il nous faut trouver la brèche. Ce passage incertain dans la courbe du temps, et les flancs de la terre où s’accrochent les mains d'une jeunesse éternelle. Il nous faut glisser dans la rainure de ces instants de grâce, où le silence embrasse la beauté à sa source. 










samedi 18 janvier 2020

le murmure de la forêt








" Si nous voulons que les forêts jouent pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique, nous devons les laisser vieillir. 
(...)
Nous savons aujourd’hui que les arbres ont le même besoin physiologique que nous de faire une pause ; la privation de sommeil a sur eux comme sur nous des effets dévastateurs. En cas de soif intense, les arbres commencent à crier. Je dois cependant à la vérité de dire que vous aurez beau parcourir la forêt en tout sens, vous n’entendrez rien, car ces cris sont des ultrasons non perceptibles par l’oreille humaine." 

Peter Wohlleben  / La vie secrète des arbres / les arènes