lundi 28 juillet 2014

cortège et résonance







Des larmes, des fleurs et le frisson de la voix. Le départ des enfants, le mystère en anneau sur le pli de la peau. La perte de la vie, le puits, le trou noir et le temps revenu. La peau en cristaux. Sur le dos, la cambrure de l’instant, une esquisse, un dessin et le doigt sur la ligne. 

A la branche, le fil et la vie se retirent, l’insecte est libéré, arme prête dans la main de l’enfant. Dans le berceau du roi, les draps sont déchirés, le nid est de poussière et de poudre à fusil. Les cœurs se retournent, ils pétrissent la lune, les courbes de métal et le sang sur les murs. Le fil se casse et vire, l’insecte est réveillé, il glisse dans la nuit comme un vers dans le fruit. Les cailloux roulent et trouent la tête des enfants, les insectes sont ravis, agapes pour tout le monde… lumière étale, l’œil se dilate. 

Les oiseaux sont prisonniers dans les cages du malheur, les insectes en furie et les coquilles en nage. L’amertume sous le pied éclate à fendre l’air. La cruauté s’installe, les enfants crient, se terrent. Ils sont ensevelis sous des fils de misère. La solitude est grande et le noir infini. 

Sur le dos est un pli d’où suinte l’espoir, les fils se défont, on compte les dérives et les doigts qui écrivent, le jardin est fleuri. Un chant soulève les ruines, le trou noir se rempli d’une lumière de lait. Les insectes s’enfuient, la vie défait les nœuds de tous ces corps en feu. Sur la peau une marque, la trace indélébile d’un génocide honteux. Tendre la main et saisir la perle, cette boule de verre accrochée au soleil. La nuit s’absente, le cœur en croix les enfants chantent, des marécages s’envolent les perdrix. 

Les yeux obéissants, l’insecte recroquevillé sur le bord de l’été, la vie est infinie, sur le revers de l’ongle le poème s’accomplit. Les oiseaux dansent dans le ciel apaisé, les cœurs se replient. Longtemps il a fallu creuser sur le chemin pour déterrer le mot. 

Poitrine ouverte au cœur des retrouvailles, le noir et le blanc s’embrasent, les cœurs palpitent, s’habillent de pluie. Le temps est retrouvé, il se lisse les cheveux et s’accroche aux heureux. Sous les arbres les bouches embrassent le cœur des innocents. La nuit est de bataille. 

La vie est une artiste, une image que l’on hume, une perle sur la croix et le vin que l’on boit. 




2 commentaires:

François a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=YvB4kwoKPyI

Solange Vissac a dit…

Les mots déterrés pour dire ces images de vie, de mort, de douleur ou de douceur. Palpitation du lecteur.