jeudi 4 septembre 2014

à Lui







Je me suis accrochée au désir de fuir
Quant à ce frère souffrant, il vivotait dans un monde éloigné, entre deux ères
Comme une mort, une mort proche et incertaine, engrangée dans la chambre, draps blancs et perfusions
Alors écrire et survivre pour oublier et résister, ne pas mourir, ne pas s’enfuir, laisser fleurir le souvenir
Écrire et s’exiler dans le blanc de la page, boire l’encre, vomir les mots, escalader les phrases
Et courir sous la pluie d’orage, dans la chaleur humide, le chercher, le sentir, le saisir et le laisser partir
Et le blanc de la page identique à la blancheur du drap
Silence, boule dans la gorge, écharde sous l’ongle, la douleur est certaine, le temps qu’il reste incertain
Larmes du temps d’hier et de demain, une étoile s’éteint

Que me disais-tu dans tes appels incessants ?
Que nous disais-tu derrière la vitre au reflet absent ?




8 commentaires:

Patrick Lucas a dit…

à deux mains

michel a dit…

Page tournée ?
Page à tourner !

Annick B a dit…

Toujours s'accrocher, pour voir à nouveau l'étoile brillé

Gérard a dit…

déchirant

merciel a dit…

Face à la mort la vie du corps est un instant … et ceux qui laissent sa densité demeurent en nous plus vivants que jamais. La mort est une épreuve de la Foi. Elle nous demande de nous fondre sans retour avec l’Amour qui seul peut et «doit» vaincre la distance physique. Elle nous rappelle aussi que nous ne sommes pas nos corps. Je me dis souvent qu’il faut le savoir bien, pour vivre et mourir chaque jour, sans trop de larmes … Alors, peut-être, le sourire sage demeurera sans que l’épine de la douleur soit là et la Foi sera en nous de plus en plus une Certitude forte et puissante, une étoile d'amour et de douceur pour tous, en écho avec le cœur de chacun …

Bernard a dit…

XLVI

Je ne sais de quels temps reculés, à ma rencontre tu viens à jamais plus proche. Ton soleil et tes étoiles, jamais, ne pourront te tenir caché de moi pour toujours.

Maint soir et maint matin le bruit de tes pas s’est fait entendre ; ton messager est venu dans mon cœur et m’a secrètement appelé.

Je ne sais pourquoi ma vie est aujourd’hui tout éperdue, et une frémissante joie circule au travers de mon cœur.

C’est comme si le temps était venu pour moi d’en finir avec mon travail, et je sens faiblement dans l’air un vestige odorant de ton exquise présence.


XLVII


La nuit s’est presque tout écoulée en vain à l’attendre. Je crains qu’au matin il ne vienne soudain devant ma porte, alors qu’épuisé de fatigue je serai tombé endormi. Oh ! laissez devant lui la route libre. Amis, ne le repoussez pas !

Si le bruit de ses pas ne m’éveille, oh ! laissez-moi dormir je vous prie. Puisse ne troubler mon sommeil ni le clameureux chœur des oiseaux, ni la jubilation du vent dans la gloire de la clarté matinale. Laissez que je repose en paix, même si mon Seigneur, soudain, se présente à ma porte.

Sommeil ! Ô mon précieux sommeil! qui seulement attends son attouchement pour me fuir. Yeux clos, que ne découvriront mes paupières qu’à la lumière de son sourire, quand il se dressera devant moi comme un songe surgi de l’ombre du dormir.

Qu’à mes regards il apparaisse comme le premier des rayons et comme la première des formes ! Que le premier tressaillement de joie au réveil, mon âme le doive à son regard ! Et revenir à moi, que ce soit revenir à lui !

Rabinath Tagore

estourelle a dit…

Tous les mots
non dits
restant à jamais
colliers de regrets

arlettart a dit…

Mystère des départs pour celui qui s'en va
pour celui qui reste
Mystère et confiance au rayon d'étoile qui nous frôle