vendredi 11 septembre 2015

sous les arbres








Grand sommeil sous les arbres 
les mots se taisent    silence vert

caresse d'air
froissement de sève    la vie s’imprime 
sur une écorce                l’éternité

souffle épicé





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6 commentaires:

François a dit…

Le premier arbre

C'était lors de mon premier arbre,
J'avais beau le sentir en moi
Il me surprit par tant de branches,
Il était arbre mille fois.
Moi qui suis tout ce que je forme
Je ne me savais pas feuillu,
Voilà que je donnais de l'ombre
Et j'avais des oiseaux dessus.
Je cachais ma sève divine
Dans ce fût qui montant au ciel
Mais j'étais pris par la racine
Comme à un piège naturel.
C'était lors de mon premier arbre,
L'homme s'assit sous le feuillage
Si tendre d'être si nouveau.
Etait-ce un chêne ou bien un orme
C'est loin et je ne sais pas trop
Mais je sais bien qu'il plut à l'homme
Qui s'endormit les yeux en joie
Pour y rêver d'un petit bois.
Alors au sortir de son somme
D'un coup je fis une forêt
De grands arbres nés centenaires
Et trois cents cerfs la parcouraient
Avec leurs biches déjà mères.
Ils croyaient depuis très longtemps
L'habiter et la reconnaître
Les six-cors et leurs bramements
Non loin de faons encore à naître.
Ils avaient, à peine jaillis,
Plus qu'il ne fallait d'espérance
Ils étaient lourds de souvenirs
Qui dans les miens prenaient naissance.
D'un coup je fis chênes, sapins,
Beaucoup d'écureuils pour les cimes,
L'enfant qui cherche son chemin
Et le bûcheron qui l'indique,
Je cachai de mon mieux le ciel
Pour ses distances malaisées
Mais je le redonnai pour tel
Dans les oiseaux et la rosée.

Jules Supervielle

Arlette Arnaud a dit…

Une respiration de concert , un échange de vitalité

Bernard a dit…

Sommeil sur les mots

Grand silence
Les arbres se taisent
L'éternité s'imprime

Sous une écorce

La vie

Souffle d'air épicé
Vert froissement
Sève de caresse

michel, à franquevaux. a dit…


Bois épais, redouble ton ombre.
Tu ne saurais être assez sombre,
Tu ne peux trop cacher mon malheureux amour.

Je sens un désespoir dont l'horreur est extrême:
Je ne dois plus voir ceux que j'aime.
Je ne veux plus souffrir le jour.

Philippe Quinault (1684)

https://www.youtube.com/watch?v=NvyUlJrGVlo

Annick B a dit…

Sous l'orme
mon âme apaisée
s'envolent
les souvenirs gravés

mémoire du silence a dit…

@ Vous tous ...

merci merci merci merci merci merci merci

le temps me manque pour vous dire et vous écrire et rebondir sur vos bons et beaux mots ...