mercredi 24 février 2016

l'aurore en résonance


à Nicolas





La main accueille le ciel, paume dorée, sur le dos de l’étang la lumière se pose, et glisse sur l’onde entre les taches d’ombre. La main et l’œil s’enlisent, nait une frise, une rose, une plume grain de lune. 

Au loin un couple de palombes, un anneau à la patte, lien d’amour… L’œil est de cristal, il se cogne aux étoiles, se brise en lambeaux, suie ancestrale… Le fil va se rompre, une bille, une agate, et cette grotte concave qui expulse l’onyx. 

Une voix pleure, se ranime, elle essuie un sanglot, et s’accroche au rideau, à l’étoffe du ciel, à ce drap de lumière, à cette porte d’éther… De sa griffe d’enfant elle écrit quelques mots, le verbe et la chair, le fruit et son noyau… les lumières de sel. 

Sur la route, l’exode, la terre, les chemins,  une pierre  saigne la bouche entre les mains… Il vient, il se repose, et pose une rose, un pétale de satin, une lettre, une chose, une étoile, et son papier de feu. Il se tait, verse une larme, et sans bruit il se pend à la corde de l’ange.

Il faut qu’elle sache, cette lumière tremblante qui vacille dans l’espace, cette poudre de l’œil qui tire ses racines vers le monde de la nuit. La pente est abrupte, la nouvelle ardue, et le souffle bridé. Dans la tête de l’autre, une place vacante, un serment, une lutte, le poids d’un sacrifice, une résignation et le vide terrible de cet œil répudié.

Lourde la pensée, jour en attente, le corps et de brindilles, les pieds reposent en paix sur cette terre aimée. Se résigner, être promis à cette noire substance, chemin de suie, de cendre et de débris… fragile  lumière dans cette nuit annoncée. 

La main touche la pierre, le ruisseau, l’herbe fraiche, au matin elle se glisse  sous le voile de la nuit, elle caresse la paume, la joue, la paupière gonflée de l’œil endolori…   Sur la lèvre un point ocre, une petite étoile, un grain de terre vierge, une pelure du ciel… et un sourire de fièvre.




5 commentaires:

Anonyme a dit…

c'est beau
se résigner la résilience lâcher prise....
parfois
le beau comme là t'emmène vers
merci
dilettante

Arlette A a dit…

Coeur de fleur
Coeur de l'indicible en rayons qui transpercent l'indifférence

Patrick Lucas a dit…

sans bruit
cette lumière
repose sous
le voile de la nuit

Estourelle a dit…

On suit tes images, on voit ce que voit ton oeil ce que touche ta main

Maïté/Aliénor a dit…

Que c'est beau!