Il avance et se perd sur le chemin des étoiles, l’espoir luit comme une orange sur la route qui tremble. Il est petit, présent et marche lentement vers la mer aux yeux verts, cette mer qui respire calmement sous des lambeaux de ciel. Il avance et se penche sur le miroir de jade qui reflète son image déformée par le vent.
Il se roule dans le sable et griffe ses regrets du revers de son ongle. Il rit et se souvient les bateaux en partance vers des îles nouvelles. Son cœur bât la chamade, il transpire sous le ciel et le soleil embrasse sa peau noire d’ébène. Il cherche sur la plage des mots pour écrire la mer et les lancer sur l’onde, ricochets de jeunesse et d’enfance lointaine.
Il est libre et le sait, il s’agite et s’affaire, et rebrousse chemin pour remonter la mer. L’aventure commence, il l’écrit sur son front et essuie sa souffrance du dos de sa main pleine. Elle est gorgée de sel et de baisers marins, le vent lui a gonflé le ventre et comme une voile il se donne au grand large.
Dans ses paumes de nacre il accueille en chantant le cri des grands oiseaux tout blancs. Ils crient à déchirer le ciel et transposer la mer sur un écran d’argent. Il saute sur la mer et offre son visage aux dieux des quatre vents. De sa bouche il aspire de grandes goulées d’écume, il en avale l’essence et en recrache des perles couleur de l'océan.
Ses pieds n’ont plus d’attaches, il court à perdre haleine sur les sillons d’écaille. Il rit et hurle des mots d’un autre temps, de ce temps où ses nuits étaient opaques et glauques et avares d’amour. Son cœur s’ouvre, éclate et se noie dans la flaque de l'océan si grand. C’est alors qu’il expire, qu’il titube sur l’onde et se perd en silence dans le ventre de la mer, pour rejaillir enfin purifié et limpide dans la gorge du ciel.

3 commentaires:
Ol avance, c'est l'essentiel. Très beau texte.
merci Ariaga
à très bientôt
Un très beau texte qui me fait penser à Le Clézio et à ses personnages touchés par l'exil.
Bien accompagné musicalement.
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