lundi 11 mars 2019

partir








Une femme reste sur la rive. Elle est enfant, et pleure des larmes de cristal. Sur une planche courbe une âme s'éloigne au fil de l'eau. Elle aimerait la retenir cette âme qui s'éloigne, mais elle sait qu'elle ne le peut pas, qu'il ne le faut pas. Elle s'éloigne, elle s'éloigne, elle s'en va cette âme qui a froid. Et elle, reste là. 

Un sanglot est passé et a séché ses larmes à la tenture du ciel, et a déposé un baiser sur le front de l'avenir. La vie poursuit son cours. Le fil se renoue. Ils sont enfants, vieillards et n'oublieront jamais ce qui ne s'oublie pas. Les absents sont présents, la lune veille sur eux. 

Il est parti tout seul, plein de peine et d'effroi sur le petit chemin, des doutes plein les poches. Il est parti serein vers les plus anciens qui dorment au fond de l'eau. Il est petit et grand. La lune cette nuit lui dira l'or du temps. 

La mémoire fait silence, et tombe aux oubliettes. 










***


pour Gérard




4 commentaires:

Gérard a dit…

..il ne manque d'un morceau de violon...en larmes. Beau texte Maria.

Ariaga a dit…

Partir, oui, mais pour un grand voyage intérieur. Tes textes sont magnifiques et m'apportent beaucoup même si je suis silencieuse.

Maïté /Aliénor a dit…

Une réalité, un drame qui tend à devenir perpétuel.
Un texte si sensible, si près des âmes.
Quant aux images...

AlainX a dit…


Un texte fort qui nous ramène à ces réalités, ces abandons d'humanité, auxquels, trois fois hélas, nous finissons par n'en plus faire que des « faits divers », même plus une « actualité »…
c'est terrible quand on n'y pense.