jeudi 26 novembre 2020

ils sont enfants de l'ombre

 
 
 
 
 
 
Ils sont aux extrêmes et refusent d’entendre. Ils sont sur le rivage, en amour. Heureux en d’autres temps. Sur la plage, les orages, le sable et cette poudre légère qui court sur la mer. Les rêves pleins de mystère à l’horizon ouvert. 
 
Le regard posé au loin vers le secret, sur cette ligne frêle qui leur parle d’asile. Il faut suivre le désert et accepter l’énigme. Là-bas le fil est si ténu. L’attente est longue, le soleil brûle les yeux, l’espérance sommeille. Les pauvres sont des agneaux. 
 
Partir et fuir l’ombre, se détacher enfin, partir vers le grand large sans connaitre demain. Le silence est roi dans ce voyage qui gronde. Ils sont troupeau humain, dans la promiscuité, leurs corps ceints de douleurs. Ils sont enfants de l’ombre. 
 
La mer est une ogresse, elle dévore sans faim. Elle recrache et reprend et broie les corps si fins. Au cœur de la bataille les faibles sont rompus, ils sont chair offerte aux monstres sous-marins. 
 
Là-bas dans les extrêmes des cris se noient dans l’ombre. Ils sont d’une autre vie, ils sont libres enfin. Ils sont loin de la trace qui faisait leur chemin. Ils sont entrés dans l’ombre, la nudité du monde. 
 
Sur la mer revenue des cœurs ricochent et dansent, ils ont les dents absentes et les yeux en brillance. L’amour est mort, brisé. La solitude est grande dans cet exil sans fin. Ils sont dans les confins, noyés la peur au ventre.





2 commentaires:

Anonyme a dit…

"Notre mer qui n’es pas aux cieux
et qui de ton sel embrasses
les limites de ton île et du monde,
que ton sel soit béni
que ton fond soit béni
accueille les embarcations bondées
sans route sur tes vagues,
les pêcheurs sortis de la nuit,
et leurs filets parmi les créatures,
qui retournent au matin avec leur pêche
de naufragés sauvés.


Notre mer qui n’es pas aux cieux,
à l’aube tu es couleur de blé
au crépuscule du raisin des vendanges
nous t’avons semée de noyés plus que
n’importe quel âge des tempêtes.


Notre mer qui n’es pas aux cieux,
tu es plus juste que la terre ferme
même à soulever des murs de vagues
que tu abats en tapis.
Garde les vies, les visites tombées
comme des feuilles sur une allée,
sois leur un automne,
une caresse, des bras, un baiser sur le front,
de père et mère avant de partir.


Erri de Luca (Prière laïque)

Anonyme a dit…

http://dormirajamais.org/priere-laique/