L’hiver est grand et calme, il enfante le vent sur les cailloux du temps. Sur le chemin de toile il frissonne et se donne dans le cœur de l'enfant. L’Avenir frappe au carreau de sa maison d’avant. Il lui ouvre la porte et lui brise le cou, le cache sans rien dire dans sa poche sans dents, pour demain le remettre aux hiboux sur le champ.
Là-bas, sur une feuille morte l’oiseau repeint le ciel qui se mire dans son œil. L’oiseau est revenu sur le fil de la vierge, il chante, il danse et palpite dans un flocon de neige.
Serait-il pris au piège ?
Dans la poche du temps l’Avenir frissonne, il grelote et claque des dents. Il se meurt, il s’endort, il se tait sous le mouchoir blanc qui recouvre l’absent. Cet absent couleur cendre qui revient frissonnant à chaque baiser d’automne.
L’hiver est blanc et grand, il réchauffe l’enfant sur les chemins d’avant, de cailloux et de sable. Il lui pince la joue et lui mouille le cou de ses larmes brûlantes. L’Avenir et à lui, l’Avenir est en lui, qui s’accroche et s’incruste dans sa chair d’enfant.

3 commentaires:
Être pris au piège d'un flocon de neige, cela laisse rêveur, comme dans une boule à neige, féerie de l'enfance. Votre texte est très beau Maria. Bien à vous.
Merci, oui j'en entends la musique ;-)
C'est très beau
Enregistrer un commentaire