Un, deux, trois… soleil de sucre et de sel, le ciel est plissé plus heureux que l’air. Mémoire froissée, naissance intrinsèque d’une larme de cristal. Cœur lourd et mains d’artiste sur le rocher des sacrifices. L’espoir fuit le grand silence, le sel brûle les doigts de l’enfance. Corps de marbre aux mains d’urgence. Le drap plisse la voie du cœur, cœur ourlé de cendre blanche.
Le soleil comme un fruit rond gorgé de sucre et de douceur, gonfle le temps, embrasse les ombres entre les âges. Sur le rivage la vie est là, yeux ouverts, oreilles offertes, sur sa peau des gouttes chantent. L’amour nait sous les paupières, battement de cils, le cœur respire. Les corps s’attirent, la route est blonde, sous le ruban soupirent les anges. Le ciel est bleu, la lune de miel. Les bouches boivent l’eau divine. Lumière sage, larmes de sel, entre les pierres coule la source.
Les doigts s’enlacent, pansent les cœurs. Les plis sont lisses, les draps de rose. La voix de l’ange métamorphose le rouge intense. Extase et abandon, heureux les humbles et les cœurs purs, l’amour exulte la bouche ouverte. Sur l’onde rousse le soleil fuit, les cœurs nagent à l’infini. La nuit les prend dans son grand lit.
3 commentaires:
éLe soleil comme un fruit rond gorgé de sucre et de douceur" et les coeurs pansés... douceur
Cette lumière ruisselante de douceur sur les parois de l'âme et du coeur, et qui libère en nous le sens de la raison.
merci Brigitte pour vos visites matinales
Le coucher du soleil romantique
Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !
Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite ...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !
Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;
Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.
Charles Baudelaire
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