samedi 9 avril 2022

secret premier

 
 
 
 
 
 
                    Premier voyage 
                                        l’éternité 
                    portes ouvertes 
                    et corps noyés
 
                    temps retrouvé 
                    et temps compté 
 
                    regard abstrait 
                    voyage premier 
                    temps d’un soupir 
                    sur l’oreiller 
 
                    l’avenir en marche 
                    sur le rivage la mer est nue 
                    joie et jeunesse 
                    la peau dorée 
 
                    sans peur 
                    sans leurre 
                    sur le rocher 
                                       l’éternité 
 
                    l’œil inspecte 
                    le temps venu 
 
                    corps blessés 
                    âmes brisées 
 
                    voix de la mer 
                    là-bas     le cœur entier 
                               secret premier  
 
                                      l'éternité


 
 
 
 
 

3 commentaires:

Bernard a dit…


Disert...?

Premier voyage >>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Vaisseau du Désert...

Désir de vagues,
Extravagance!

"Formons des danses joyeuses
pour embellir et parer le monde"

"Chantons donc et dansons gaiement"

Voix de la mer !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

"La mer n'est pas moins clémente que le ciel"

"Traverse les nuages et le ciel sur des ailes dorées..."

https://www.youtube.com/watch?v=joZl-571bMI

mémoire du silence a dit…

"O che felice giorno"
Grazie mille Bernard
per questa bella risonanza

qui

Anonyme a dit…

Poème secret

Voilà de quoi est fait le chant symphonique de l’amour
qui bruit dans la conque de Vénus
Il y a le chant de l’amour de jadis
Le bruit des baisers éperdus des amants illustres
Les cris d’amour des mortelles violées par les dieux
Les virilités des héros fabuleux érigées
comme des cierges vont et viennent comme une rumeur obscène
Il y a aussi les cris de folie des bacchantes folles d’amour
pour avoir mangé l’hippomane sécrété par la vulve des juments en chaleur
Les cris d’amour des félins dans les jongles
La rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales
Le fracas des marées
Le tonnerre des artilleries
où la forme obscène des canons accomplit le terrible amour des peuples
Les vagues de la mer où naît la vie et la beauté
Et le chant victorieux
que les premiers rayons de soleil faisaient chanter à Memnon l’immobile
Il y a le cri des Sabines au moment de l’enlèvement
Le chant nuptial de la Sulamite
Je suis belle mais noire
Et le hurlement précieux de Jason
Quand il trouva la toison
Et le mortel chant du cygne
quand son duvet se pressait entre les cuisses bleuâtres de Léda
Il y a le chant de tout l’amour du monde
Il y a entre tes cuisses adorées Madeleine
La rumeur de tout l’amour
comme le chant sacré de la mer bruit tout entier dans le coquillage

Guillaume Apollinaire