Gouttes sucrées des saveurs de l’été. L’eau est un secret partagé, un parfum des îles. Sous les flots, des images défilent. L’avenir est en marche et joue avec l’enfant. Cœurs tatoués de serments.
Là-haut le ciel cogne, son visage est de poudre et sa bouche une flamme. Souvenirs des âmes, souvenirs attendus sur le blanc de la page, sables mouvants, paroles d’argent. La rive est si loin.
Dans les yeux du passé, les pleurs ont séché. Les draps sont tirés, les rires décoiffés. La vie est un fait, une étoile décrochée, un baiser de frimas sur la pointe du nez. Le temps est sur un pied.
Il nous reste la fissure, la mémoire du silence, les temps immémoriaux, et nos grandes solitudes de l’enfance.
" La mémoire du silence nous rend aux temps immémoriaux aux grandes solitudes de l'enfance. "
Gaston Bachelard (La Poétique de la rêverie)

3 commentaires:
mais de savoir la profondeur des chagrins sans les comprendre désormais
c'est peut-être ça que l'on cherche inlassablement
le temps perdu et retrouvé sans cesse
@ Brigetoun ...
"C'était la première fois que tu avais été prise ainsi dans un mot?
- Je ne me souviens pas que cela soit arrivé avant.Mais combien de fois depuis ne me suis-je pas évadée terrifiée hors des mots qui s'abattent sur vous et vous enferment."
Nathalie Sarraute / Enfance
@ Estourelle ...
"Je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris, la pelouse d’un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, bien sûr, était bleu, et l’air semblait vibrer légèrement… et à ce moment-là, c’est venu… quelque chose d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d’une telle violence qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j’éprouve… mais quoi ? quel mot peut s’en saisir ? pas le mot à tout dire : "bonheur", qui se présente le premier, non, pas lui… "félicité", "exaltation", sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas… et "extase"… comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… "Joie", oui, peut-être… ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie, de vie tout court..."
Nathalie Sarraute / Enfance
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