La nuit
sous les étoiles
écouter
et entendre
la respiration des branches
une chose
une autre
la vie ici-bas
le temps comme une étoile filante
bouche pleine de mots
le cœur murmure sous les feuilles
une complainte
une errance
au fil de l’eau la mémoire est de silence

2 commentaires:
suis trop sensible à la complainte en ces jours vais me réfugier sous les feuilles
merci de rendre ça si doux
@ Brigetoun...
"Elle se leva et vint coller son front aux vitres froides. Puis, après avoir regardé quelque temps le ciel où roulaient des nuages sombres, elle se décida à sortir.
Étaient-ce la même campagne, la même herbe, les mêmes arbres qu'au mois de mai ? Qu'étaient donc devenues la gaieté ensoleillée des feuilles, et la poésie verte du gazon où flambaient les pissenlits, où saignaient les coquelicots, où rayonnaient les marguerites, où frétillaient, comme au bout de fils invisibles, les fantasques papillons jaunes ? Et cette griserie de l'air chargé de vie, d'arômes, d'atomes fécondants, n'existait plus.
Les avenues détrempées par les continuelles averses d'automne s'allongeaient, couvertes d'un épais tapis de feuilles mortes, sous la maigreur grelottante des peupliers presque nus. Les branches grêles tremblaient au vent, agitaient encore quelque feuillage prêt à s'égrener dans l'espace. Et sans cesse, tout le long du jour, comme une pluie incessante et triste à faire pleurer, ces dernières feuilles, pareilles à de larges sous d'or, se détachaient, tournoyaient, voltigeaient et tombaient."
Maupassant / Une vie (extrait chap. 6)
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