Le cœur est grand dans la main du temps. Les rires sont des pierres précieuses et sans âge. Après beaucoup d’années le silence s’installe, seul le chant des oiseaux parmi les pierres. L’âge croît en maladresse. La lumière est autre, et lisse les jours, petites feuilles rousses où s’égarent les souvenirs. La mémoire est infime. La pensée est perdue dans les trous de l’histoire. Les mots sont des carences que les brumes recèlent. Les rêves éclatent, le soir est sur la planche, il distille son suc, images revenues d’une nuit si lointaine. Une toile tendue, brodée et cousue main, une toile pour dire l’histoire de demain. Les traces d’un passé rassemblées dans l’enclos d’une mémoire défaillante.
***
Ce qu'on garde
ce qu'on voudrait garder
ce qu'on croit garder
petits cailloux incrustés
dans les interstices
du temps

3 commentaires:
s'attacher à se fabriquer une mémoire recréée à base de jours cléments réinventés (malheureusement ce ne sont pas ceux qui demeurent)
et quand la mémoire s'efface les images s'entrechoquent...
Ce qu'on garde
ce qu'on voudrait garder
ce qu'on croit garder
petits cailloux incrustés
dans les interstices
du temps
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