dimanche 10 mars 2024

Brigitte Fontaine

 
Ah Que La Vie Est Belle
 
"Des roses de cristal crissent et s'amollissent mon amour sans rival murmure des délices Il prend ma taille ronde Et ronronne sur elle pour jouer je lui gronde des menaces cruelles L'opéra vermeil s'échappant du laser emplit l'air de soleil et d'ombres passagères Ah que la vie est belle soudain elle éblouit comme un battement d'ailes d'oiseau de paradis Ah que la vie est belle quelquefois pour un rien la divine immortelle dans le mal et le bien On marche dans l'hiver brillant comme une abeille brillant comme un éclair qui dure et émerveille La joie vous souffle au cœur on chérit l'univers comme un enfant de chœur son dieu d'éther et de chair Loin des bombes et des balles goulu comme un bébé sensuel on inhale la fumée adorée Ah que la vie est belle soudain elle éblouit comme un battement d'ailes d'oiseau de paradis Ah que la vie est belle quelquefois pour un rien la divine immortelle dans le mal et le bien Sans rien chercher je trouve au détour d'un instant une euphorie de louve un amour de Satan Après de sombres heures plus doux sont ces moments où l'on crie de bonheur comme un petit enfant Encore tes baisers vie secrète et changeante je saurai te donner mon âme si méchante Ah que la vie est belle soudain elle éblouit comme un battement d'ailes d'oiseau de paradis Ah que la vie est belle quelquefois pour un rien la divine immortelle dans le mal et le bien"

 
 
 
   
 
 
 
 
 La Symphonie Pastorale
 
"Je suis la Liaison Dangereuse Entre les astres vénéneux Aspirée par les nébuleuses J’ai le Diable au Corps ou c’est Dieu Errant entre les murs de feu D’un antre Au Dessous du Volcan Crachant la limonade bleue Je fuis les Hauts de Hurlevent Où se cacher dans ce pays Que règlent le Rouge et le Noir Pas une porte de sortie De l’Autre côté du Miroir Je suis la Machine Infernale Et la Symphonie Pastorale J’aspire aux matins en enfance Où se calment les Possédés Les matins transparents Qui dansent Balayés d’un vent d’Odyssée Je rêve d’une sieste jaune Dans le Gai Savoir de l’été Loin de l’autel pervers où trônent Les Fleurs du Mal carbonisées Et je m’en vais sur d’autres ailes Laissant sans vice ni vertu Aux Petites Filles Modèles La Recherche du Temps Perdu Je suis la Machine Infernale Et la symphonie Pastorale Dame à la licorne ennivrée Je vis ma Saison en Enfer Et puis je joue à chat perché Dans le Silence de la Mer Je suis le Lys dans la Vallée Evanouie sous les baisers Je suis la voiture d’Orphée Parlant le langage des fées Je conduirai Les Misérables Aux palais des rois trépassés Nous ferons des statues de sable Aux Chemins de la Liberté Je suis la Machine Infernale Et la Symphonie Pastorale"
 
 
 
 
 

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