dimanche 3 mars 2024

fenêtre ouverte

 
 
 
 
 
 
oiseaux et fleurs
dans le livre refermé
feuilles enflammées
 
*
 
oiseau en cage
les feuilles ont brûlé
dans le livre consumé
 
 *
 
grain aux oiseaux
l’enfant ouvre la cage
les fruits sont grapillés
 
*
 
oiseaux siffleurs
en ascension dans le ciel bleu
le repos est au sommet
 
*
 
branches aux oiseaux
bouquets d’or et de tendresse
le pain est dans la main
 
 
 
 
 

5 commentaires:

Brigetoun a dit…

aussi beaux à voir qu'à lire ces oiseaux

mémoire du silence a dit…

merci Brigitte
Pour ceci pour cela
merci pour votre regard

michel a dit…

Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots. —
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? —
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… —
La lune était sereine et jouait sur les flots.

2 septembre 1828

Victor Hugo, Les Orientales, 1829

mémoire du silence a dit…

"La mer ! partout la mer ! des flots, des flots encor.
L’oiseau fatigue en vain son inégal essor.
Ici les flots, là-bas les ondes ;
Toujours des flots sans fin par des flots repoussés ;
L’œil ne voit que des flots dans l’abîme entassés
Rouler sous les vagues profondes.

Parfois de grands poissons, à fleur d’eau voyageant,
Font reluire au soleil leurs nageoires d’argent,
Ou l’azur de leurs larges queues.
La mer semble un troupeau secouant sa toison :
Mais un cercle d’airain ferme au loin l’horizon ;
Le ciel bleu se mêle aux eaux bleues.

— Faut-il sécher ces mers ? dit le nuage en feu.
— Non ! — Il reprit son vol sous le souffle de Dieu."


le même Hugo ;-)

J... a dit…

"La fenêtre s’ouvre comme une orange
Le beau fruit de la lumière"

Apollinaire