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| Fraichie sur un lit de violettes / H. Matisse |
Je rêve
sur un lit de violettes
des images plein la tête
Je rêve
de Luis Buñuel
promenant en laisse
un chien andalou
Je rêve
d’Anna et ses loups
attirée et effrayée
car l’OS saura
Je rêve
d’une petite fille
aux allumettes
entendant les rires
de ses peurs muettes
Je rêve
d’un petit homme vert
qui n’est pas ver du tout
faut pas se dire martien
quand on est batracien
Je rêve
de jeux de hasard
la roulette russe
est décisive
Je rêve
des fées mères
les mains de l’invisible
au ciel retourné
Je rêve
de prés verts
d’Opéra de la Lune
c’est bien joli
je reviendrai
parole
Je rêve
de moutons qui dansent
en tutu blanc
sur la mer démontée
dévorant ses noyés
Je rêve
du lanceur de dés
et ne suis que pierre
polie par les eaux
dans le ruisseau
Je rêve
des sentiers du monde
vieux monde disparu
j’emporte le meilleur
dans mes poches rapiécées
Je rêve
d’un grand pli ouvert
et de mots dépliés
dans les fissures
du rêve
Je rêve
que je rêve
dans un grand livre blanc
où se cache la vérité
sortie du puits
mais nul ne sait
où sont ses yeux

4 commentaires:
Je ne rêve de et à, rien,
j'écris sous les arbres,
vous auriez du voir mon air offusqué
quand un gros merle m'a fait (sic) dessus,
outrage au poète !
Le merle
Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d’espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.
C’est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L’hymne d’avril en février.
Pourtant il vente, il pleut à verse ;
L’Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon, tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.
Les monts sur l’épaule ont l’hermine,
Comme des magistrats siégeant.
Leur blanc tribunal examine
Un cas d’hiver se prolongeant.
Lustrant son aile qu’il essuie,
L’oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.
Il gronde l’aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.
Il voit le jour derrière l’ombre,
Tel un croyant, dans le saint lieu,
L’autel désert, sous la nef sombre,
Avec sa foi voit toujours Dieu.
A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi !
Théophile Gautier
je ne rêvais rien
sauf de connexion
la voici enfin
et je savoure
ces tanr beaux rêves
" La poésie est cette démarche qui, par le mot, l'image, le mythe, l'amour et l'humour, m'installe au coeur vivant de moi-même et du monde. Le poète est cet être très vieux et très jeune, très complexe et très simple, qui, aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et de la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance."
Aimé Césaire
Une histoire de connexion donc :-)
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