lundi 5 août 2013

l'homme du bout de la route








Au bout de la route, l’homme. Il marche la tête droite. Sa démarche est rapide, il s’éloigne. Un point, là-bas, au bout de la route.

J’ai vu son visage quand il est passé près de moi, à l’autre bout de la route, un visage blanc, osseux, des rides en chemin. J’ai vu son enfance dans le gris de ses yeux. Une griffe dans son cœur l’a secoué un peu.

Il est là-bas, au bout de la route, petite tâche noire qui s’éteint, disparait.

Je le vois dans ma nuit, qui passe comme un rêve, cet homme blanc au visage osseux, son enfance grise au coin des yeux …




12 commentaires:

François a dit…

"Nous ne savons jamais que nous partons quand c'est l'heure -
Nous raillons et fermons la Porte -
Le Destin - qui suit - la verrouille derrière nous -
Et nous ne touchons plus terre - "

Emily Dickinson

Annick B a dit…

tenter de percevoir la silhouette au bout de la route, mais toujours garder le mystère

ah je savais !!!

J♥♥♥ a dit…

Ce texte "synthétique" et bien senti me ramène à Camus et au sentiment de l'absurdité, tu l'exprimes si bien et de manière poétique.

"De même et pour tous les jours d'une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours où il faut le porter. Nous vivons sur l'avenir : " demain ", " plus tard ", " quand tu auras une situation ", " avec l'âge tu comprendras ". Ces inconséquences sont admirables, car enfin il s'agit de mourir. Un jour vient pourtant et l'homme constate ou dit qu'il a trente ans. Il affirme ainsi sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu'il est à un certain moment d'une courbe qu'il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le saisit, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait demain, quand tout lui-même aurait dû s'y refuser. Cette révolte de la chair, c'est l'absurde."

Camus dans "Le Mythe de Sisyphe"

Gérard Méry a dit…

Une silhouette ou l'homme invisible...peut-être les deux. Jolie peinture en harmonie.
Merci pour "peindre un oiseau"...que j'adore comme tu sais.

Laura- Solange a dit…

mystère et profondeur...cet homme me touche et me rappelle quelqu'un...
merci d'être encore là!

Maïté/Aliénor a dit…

Il passe comme dans un rêve avec ses parcelles de vie accrochées aux lambeaux de sa vie crayeuse.
Il passe et vous laisse sa musique de mots, celle que vous apportez à son sillage.

arlettart a dit…

En écho avec François et Emily Dickinson
J'ignorais que le prochain pas serait le dernier -
Ce qui me donnait cette Démarche précaire
Que certain appellent Expérience
(Lieu - Dit L'Eternité)

Patrick Lucas a dit…

au bout de la route
entre l'escale et l'ombre
reste encore le silence du temps
et l'envie de repartir
déjà

jeandler a dit…

Les pas dessinent le chemin qui se perd dans les sables...

pierre.b a dit…

Le bout de la route..c'est la mémoire retrouvé...et le silence à nouveau caressé..c'est une fenêtre qui s'ouvre et le chemin invité..c'est une vague dans le ciel et le pinceau agité..Le bout de la route..c'est l'océan dans le creux d'une flaque..les feuilles et dessins qui contre vous se plaquent..l'ombre d'un baiser sur les rives d'un lac..

michel, à franquevaux. a dit…

Et on cherche sa trace.

mémoire du silence a dit…

@ François et arlette …

"Je marchais de Planche en Planche
Avec lenteur et prudence
Je sentais les Etoiles autour de ma Tête,
Autour de mes Pieds la Mer."

Emily Dickinson



@ Annick B …

"Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c'est le mystère de toutes les choses."

Federico Garcia Lorca




J♥♥♥ …

♥♥♥
♥♥♥




@ Gérard Méry …

Disons, une présence invisible ;-)





@ Laura- Solange …

Cet homme universel touche le cœur de chacun
Merci ;-)




@ Maïté/Aliénor …

Un chemin parsemé de lumière
Merci chère Maïté





@ Patrick Lucas …

"L’homme qui, du désert connaît le secret, ne peut vieillir. La mort viendra, tournera autour de la dune puis repartira."




@ jeandler …

" Marche sur ta route car elle n’existe que par tes pas "




@ pierre.b …

mémoire et route
le retour silencieux
d’une caresse
de sable

fenêtre ouverte
chemin incisé
ciel agité
au pinceau
la vague

une flaque océane
dans le creux de la route

les feuilles se dessinent
sur l’ombre d’un baiser




@ michel de franquevaux. …

Et on la trouvera.
;-)