jeudi 31 mars 2016

merci à ... Roger





Le  perce-silence  :  pour Maria D. Cano / Roger Dautais




Le perce-silence
le perce-neige   le perce-cœur
le perce-oreille   le perce-oubli
le perce-cage

silence de la mer   silence de la neige
silence de l’oreille qui n’entend pas le cri 
le blanc   l’obscur   l’écume    le gris   le sable
et le grand océan
sa ligne d’éternité en bordure du monde

taiseuses causeries dans le froid des naufrages 
dans la vague qui se brise au pied des rochers 
dans le cœur qui s’arrête de battre l’éternité 

être assis sans images   sans pensées qui s’attardent 
regarder vers le ciel
équilibre précaire et mémoire des noyés 
écrire entre les pierres 
se lever et marcher 
et du bout de l’étoile percer le soleil noir 


à l’extrémité du silence 
dans un ciel sans fond plane un rêve éthéré








5 commentaires:

J... a dit…

J'♥♥♥ beaucoup

Arlette A a dit…

Magnifique écho entre l'image , les mots et Léo Ferré
Merci Chère Maria

Anonyme a dit…

Vous avez compris tant de choses, que cela en est effrayant.

Gérard a dit…

un silence assourdissant s'élève

Maïté/Aliénor a dit…

Que c'est beau parce que vrai, authentiquement mis en mots.
Faire acte de présence et percer le mystère entre turpitudes et silence coupable.
A vous lire, tout semble s'éclairer; tout semble sortir d'un flot noir mais beau bien que mortel: il suffirait d'un vent soufflant dans la bonne direction
pour virer de cap.