"Il sent tout ce que je sens, il me connaît par cœur, il sait tous mes défauts. Il me fait rire. Au piano, c'est la personne la plus douée que j'aie rencontrée. En musique, il est à l'écoute. C'est très rare. Beaucoup en parlent mais peu savent vraiment ce que c'est. Lui sait.
Nelson m'a dit récemment : " Tu ne crois pas qu'ils exagèrent quand ils nous applaudissent ? C'est peut-être à cause de notre âge qu'on a du succès ? " Moi, quand on joue ensemble, je me dis : "pas mal pour des petits vieux ! "
Nelson et moi, nous avons entendu une émission à la radio consacrée au bon usage de la pédale au piano. À force d'entendre dire sans arrêt : "la pédale, la pédale", on comprenait tout à double sens. On en pleurait de rire.
Quand Philips m'a proposé de commercialiser la bande du Concerto n°3 de Rachmaninov avec Riccardo Chailly, j'ai dit : "À condition que j'enregistre un disque avec Nelson Freire."
Ses plus grands bonheurs dans la vie sont dans la musique. Pas moi. La musique me donne de très grandes joies, c'est évident ! Mais je voudrais une autre chose..."
Martha Argerich raconte / Olivier Bellamy / Buchet-Chastel... p.194-195.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire