vendredi 8 décembre 2023

il faudrait


 
 
 
 
 
Il faudrait l’éternité 
au-delà des nuages 
dans la nuit de lumière 
une ouverture au singulier 
la sensible présence d’une mémoire oubliée 
 
il faudrait une étoile 
pour coudre la lumière à l’orée des forêts 
et chanter en écho au-delà des étoiles anémiées 
 
voix du cerf 
sous la lune si claire 
où les feuilles enchantent les voies de la terre 
sentiers d’écorce et aiguilles de pins 
tout chante et ravit 
la main qui écrit 
 
il faudrait la parole 
au bord des saisons 
le visage des étoiles libérées des absents 
sous les arbres la raison 
d’un monde adolescent 
 
une promesse à l’aube 
aux éraflures du temps 
l’éternité sauvage en proie aux uns 
aux autres 
plus rien au singulier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                             "Elle m’a lu ses vers, 
                                             de très douces chansons"°. 
 
                                             Il faudrait aussi sicut cervus, 
                                             muse adolescente. 
 
                                             Il faudrait le temps éraflé, 
                                             éternellement sauvage
 
 
 
 ° Sully Prudhomme
 
 
 
 
 

3 commentaires:

Brigetoun a dit…

enivrée par le voix du cerf, la promesse de l'aube et même les éraflures du temps, je grimace juste un oeu au "rien de singulier"... on ne se refait jamais complètement

michel a dit…

"Elle m’a lu ses vers,
de très douces chansons"°.

Il faudrait aussi
sicut cervus,
muse adolescente.

Il faudrait
le temps éraflé,
éternellement sauvage.



° Sully Prudhomme

mémoire du silence a dit…

@ Brigetoun ...

alors donnons de la fierté à la grimace...:-) ;-)



@ michel ...

grand merci pour cet écho